dimanche 1 octobre 2017

Finalement, le plus dur quand on vieillit, c'est...

Feeder vient de sortir son vrai (et officiel) Best Of. Certains considèrent en effet que Picture Of Perfect Youth était déjà un Best Of, mais c'était pas officiel, juste une compilation de singles du groupe.

Je l'écoute en ce moment même. Certes, c'est jouissif, mais aussi douloureux quelque part. Jouissif car ça ne s'appelle pas Best Of pour rien (et Feeder étant mon groupe préféré...), mais aussi par ce puissant effet madeleine de Proust. De l'anecdote : Turn, que j'écoute en ce moment par exemple*, à ceux qui me rappellent des périodes entières de ma vie. En particuliers les meilleurs moments. 

Et c'est c'en partie ça le plus dur : le fait que ces moments appartiennent au passé, et leur intensité, renforcés par leur primauté en particulier, portent à croire que je ne vivrais plus jamais la même chose à l'avenir. L'autre côté, c'est que (pour la première fois), je découvre ce que veut dire intrinsèquement, profondément, un Best Of. C'est ce qu'a fait de mieux un groupe. Même s'il y en a qui enchaînent les Best Of, on peut s'accorder par exemple sur le fait qu'il y en a toujours un qui est le meilleur, voire que les autres sont illégitimes, etc...Ce que signe surtout un Best Of, c'est un stade particulier de la vie d'un groupe. Que le meilleur a été fait dans sa quantité. Même si la qualité est plus importante que la qualité (on ouvre le débat ?), en partant du principe qu'un groupe se bonifie avec le temps par exemple, même si le meilleur reste à venir, l'essentiel a déjà été fait. Inutile d'en dire plus. prendre conscience de cela dans sa chair au sujet de son groupe préfère est inévitablement douloureux. Cela rappelle par ailleurs la finitude des choses, ici d'un œuvre même inachevée, ce qui renvoie à d'autres finitudes (la mort ? Désolé mais je ne me sens pas développer les quatre ou cinq pavés nécessaires à aboutir logiquement à cette conclusion, ne serait-ce que parce que c'est hors sujet).

Petit retour sur la primauté : toutes les premières fois ont ce goût particulier, là encore je ne vous apprend rien (et c'est d'ailleurs un sujet passionnant d'un point de vue scientifique, mais là n'est pas le sujet). Je reviendrais là-dessus prochainement (car il semblerait que je sois appeler à mettre à jour plus régulièrement ce blog dans les semaines à venir...), c'est aussi du coup une malédiction pour les fois suivantes : on se ramène au souvenir de cette première fois pour évaluer les suivantes. Si la malédiction n'a pas était déterminante pour des babioles comme mon premier Supercar (la 8448, quoique...), lorsqu'il s'agit de la découverte de la sociabilité en dehors d'un cadre scolaire par exemple, mes logiciels s'entêtent sur des comparaisons qui paraissent pertinentes à première vue, mais qui limite aussi les perspectives, sans compter que ça casse inutilement la magie de l'expérience.

Si j'ai parlé de Feeder et de son Best Of ce soir, c'est que c'est un exemple comme un autre. De plus en plus de sujets dans mon entourage, mon quotidien, me ramène aux mêmes constats. J'ai peut-être déjà fait (peut-être pas !) mes meilleurs rencontres, obtenu mes meilleurs opportunités, fait mes meilleurs réalisations (sportives, techniques, artistiques ? ça non, la trilogie DCAA n'est toujours pas sortie !). Le «peut-être pas» est important, mais on ne peut exclure qu'à défaut d'en être sûr, il faut peser l'importance de ce qui est déjà fait. Et pour finir mes réflexions puériles de jeune trentenaire, ma soirée d'hier, mon nouveau métier...sont autant de choses qui me rappellent que même si le contexte est moins favorable que dans les début de ses premières expériences, la vie reste pleine de surprise (potentiellement, y a pas de règle à ce sujet, vous vous en doutez...), et tout porte à croire, optimiste comme je suis, que je suis dans un environnement propice à ces dernières ;-)

Finalement, le plus dur quand on vieillit, c'est...la nostalgie ?
Ah...le temps où j'utilisais un lecteur CD pour écouter les derniers album de mes artistes préférés...même ça ça semble remonter à une vie antérieure... Idem pour les jeux vidéo (si si, ça m'arrive encore d'y jouer !) !!

*Il y a 15 ans, je téléchargeais Echo Park sur les réseau de Peer-to-Peer, suite à une expérience que je vous raconterais, avec la mise en contexte nécéssaire (si ce n'est déjà fait !). Seulement, ces réseaux n'étaient pas parfaits en terme d'exhaustivité en particulier, et composaient avec l'ADSL de l'époque : si les hits du groupe (Seven Days In The Sun, Buck Rogers, Just A Day) se trouvaient se téléchargeaient facilement, Turn, était moins disponible (quelques sources contre plusieurs dizaines/centaines pour les précédents). Du coup, je suis resté plusieurs jours (heures ? Semaines ?) avec les 17, puis les 23 premières secondes du morceau, ce qui m'a laissé un souvenir particulier et impérissables du début de ce morceau (Oh nostalgie, quand tu nous tiens....)

dimanche 24 septembre 2017

Retour dans un club de modélisme

Introduction

Cela fait donc un peu plus de 10 ans que je n'ai pas été à un club de modélisme [ferroviaire], même en simple visiteur. Dans le même ton, la semaine dernière, mes amis et moi s'étonnions du fait que je n'ai jamais visité le musée de Mulhouse non plus. La vie est bizarre parfois...


Premier détail

Mon regard, 10 ans plus tard...porte souvent sur de petits détails. Il y a dix ans (11 en fait), il n'y avait pas [vraiment] de smartphone, je n'avais pas de téléphone alors que tout le monde autour de moi avait au moins un téléphone portable. Je m'imaginais alors immortaliser ce retour dans un club au téléphone (photos, vidéos...). Même pas en fait. Difficile à expliquer, un peu comme s'il y avait un temps pour chaque chose. Aujourd'hui, YouTube ne montre plus qu'un simple éléphant dans un zoo, mais pleins de vidéos de modélisme ferroviaire (il y a de tout je n'essaie même pas d'énumérer des thèmes et des catégories !). Chez moi je regarde ces vidéos, au club,...je suis au club.


Ma connaissance du ferroviaire

Autre "petit" détail, à l'époque je ne connaissais rien, absolument rien au ferroviaire, en dehors du matériel roulant (et encore, comme cela s'est passé avant ma toute première expérience professionnelle dans le milieu, je ne connaissait rien à la technique engin moteurs). En gros je savais reconnaître une BB26000, une CC72000, distinguer une 141P d'une 141R, je connaissais l'historique du parc moteur dans les grandes lignes et c'est à peu près tout.

[paragraphe pour les spécialistes] je ne savais pas vraiment ce qu'était un aiguilleur, pas du tout ce qu'était un régulateur, je ne "connaissais" que le carré et le feu vert (je me demandais ce qu'était un carré violet, jamais entendu parlé d'avertissement). Si je connaissais le principe de cantonnement je connaissais pas les signaux qui lui étaient associées. Alors tout le reste (TIV, pancartes...) n'en parlons pas ! Le plus drôle, c'est que ça ne m'a pas empêcher de travailler [en bureau d'étude] sur des signaux, ou même de faire de la maintenance du pilotage automatique (en même temps le PA, la signalisation il s'en fout).


Ma connaissance du modélisme 

Il y a 10 ans, j'étais déjà très calé modélisme par contre (peut-être plus qu'aujourd'hui). Mais je n'avais rien. En fait, après avoir eu des trains jouets comme tout le monde, j'ai voulu commencer ma collection trop tôt : wagon surbaissé transport de tractopelle, voiture corail Jouef VU mixte 1ère/2ème classe, BB16500 d'occasion à retaper (je parle pas de mes VB2N que j'ai pas gardées). Ah, et très vite, un Autocar Renault FR1 et une Ferrari Testarossa. J'ai attaque le chose sérieuses lorsque j'ai revendu tout ça pour ma composition complète de Thalys PBKA Mehano, mais j'étais déjà plus dans le club. Aujourd'hui, impossible de lister ici tout ce que j'ai, le "problème", c'est que rien ne roule (en fait ça me pose pas problème, juste voir ces merveilles me suffit).


Insouciance dans la mobilité, l'habillement, de mon cadre de vie...

Pour finir sur les petits détails, à l'époque, j'étais un "banlieusard qui venait d'obtenir son permis et son véhicule". Je ne me posais pas de questions pour me rendre au club, l'automobile était la solution évidente et naturel. Les modèles réduits étaient trop fragiles pour être transporté autrement. D'ailleurs j'essayais de faire un maximum de chose par l'automobile tant que ça n'impliquait pas trop Paris (ce qui n'était pas naturel chez nous car nos parents n'avaient pas le permis). Que de chemins parcouru depuis (premier vélo décathlon en 2008 (?), velotaf en 2009, découverte de l'importance de faire du sport à la même période, la suite vous connaissez).

Pour continuer sur l'aspect banlieusard, je n'accordais aucune importance à mon habillement (tant que c'était propre, même si c'était troué...). J'ai pu réaliser hier l'importance du changement maintenant que je suis plus soigné, par un accueil peu chaleureux des jeunes de la cité du club (finalement, les médias n'ont pas exagéré ce point de zone de non droit...). Ou peut-être tout simplement que je pue le vrai parisien intra-muros a des dizaines de mètres (après à peine plus d'un an d'installation !). Pas bon signe, bientôt je vais râler sur tout et devenir désagréable auprès des inconnus, voire uniformiser la province !

J'ai donc perdu ce regard innocent sur la ville, je sais distinguer un quartier "chaud" d'un quartier calme d'un simple regard, alors que plus jeune je traversais indifféremment l'un ou l'autre à toute heure de la journée ou de la nuit sans me poser de questions, ne comprenant pas pourquoi les personnes autour de moi (ami(e)s, collègues...) étaient peu enclins à assister à une soirée ou une sortie sous certaines conditions (en fonction du lieu de l'événement ou de leur propre lieu de vie). Je le ressens aussi dans le train...à géométrie variable : jamais ressenti dans le RER, mais bien ressenti sur la ligne R notamment, c'est une des raisons pour lesquels je fais mes RHR Melun sans broncher.

L'occasion de faire la pub pour le 3117 et son homologue 31177 par SMS #CeciNEstPasUnPlacementDeProduit Je ne sais pas à quel point je peux communiquer sur les détails en interne que j'ai sur ce service, mais y faire appel, même pour ce qui peut vous paraître des broutilles en terme d'insécurité ou trouble à l'ordre public, c'est très puissant...sur le moment et pour plus tard (un peu sur le principe de la validation du Pass Navigo par exemple).


Version courte : du PC au Mac

Autre détail (on ne va faire que ça finalement), à l'époque, j'étais sur PC, tout mon budget loisir passait sur le fait d'avoir une config' gaming à jour (ce qui était n'importe quoi : le seul jeu qui comptait pour moi, c'était Gran Turismo...). J'ai fini par découvrir Linux, qui m'a fait réaliser que ma course à la puissance était là pour combler les faiblesses de Windows, et puis tant qu'à avoir une machine à mon service et pas l'inverse j'ai fini par passer sur Mac.


Version très courte : vie sociale

Pour finir, la vie sociale. Bon c'est un trop gros morceau pour être traité là. J'aurais plein de choses à dire, à l'occasion, je me contenterais d'une intro minimaliste. Disons qu'il y a longtemps, elle se limitait à ce qu'imposait le cadre scolaire. Ce n'est que tardivement (?) que j'ai découvert que c'était quelque chose à prendre en main. Un symbole fort pour moi reste le restaurant. Mes premiers restos se sont fait à cette période (maintien du contact avec mes amis de terminale, création de mon cercle d'amis "indépendant d'un cadre imposé", en l'occurrence au sein de la Science Académie). De fait (on reste sur le symbole limite caricatural), les restos que j'ai pu faire par la suite avec des camarades de classe, notamment en école d'ingénieurs étaient bien des restos entre amis (en dehors des midis, faute de cantine dans notre école, et des occasions spéciales, en école d'ingénieur on aime bien les restos). Pour finir ce point, à une exception récente notable près, jamais ça n'a pris aussi loin avec des collègues (un gros morceau à traiter dans "le paradoxe de l'hétéronormativité" mais il y a suffisamment d'éléments dans l'introduction pour comprendre déjà).

10 ans (voire plus) que j'ai rencontré des personnes qui comptent beaucoup pour moi, que je vois régulièrement. On s'en étonne, s'en amuse d'ailleurs. Mais mon histoire est un peu particulière : j'ai grandi en grande partie dans le Pas-de-Calais ! Ce n'est qu'il n'y a peu de temps que j'ai passe plus de temps en Ile-de-France que là-bas. La séparation a parfois été difficile, mais un peu comme avec mes amis de terminale, "la vie" a tenu à maintenir cette séparation, à nous faire nos vies chacun de notre côté, même si l'on a l'occasion de se revoir, c'est qu'en tant que connaissance d'une autre vie...oh que vous me manquez tous ! Quelle immense émotion fut cette retrouvaille de décembre dernier, j'en ai les larmes au yeux (20 ans sans se voir !), et je me dis que c'est la première d'une série à venir, sans oublier mon trio magique avec qui j'ai ou plus ou moins gardé le contact, mes trois zamours, je vous aime ! La distance ne change rien, on se reverra bientôt, promis.


Conclusion ?

En fait, je suis en train de me demander si la rareté n'est pas la clé de cette valeur dans les cadeaux de la vie ? Si je n'étais pas émotionnellement prêt pour apprécier le musée de Mulhouse, s'il me fallait travailler ma capacité émotionnelle d'ici là ? Si c'était pareil pour bon nombre de mes amis d'enfance de Nœux-les-Mines ? Quand serais-je émotionnellement près pour déballer ma Big-Boy, voire la toucher ? Est-ce qu'un jour je pourrais toucher régulièrement mes locomotives, comme je le fais aujourd'hui avec mes sets Lego ?


Bref, comme quoi ce n'est pas pour rien qu'il s'était passé 10 ans depuis ma dernière visite à un club de modélisme ferroviaire...

vendredi 16 septembre 2016

Le problème, ce n’est pas l’automobiliste, c’est l’automobile.

On dit souvent qu’une personne perds dix points de QI lorsqu’elle prend le volant de ce véhicule. Je trouve cela aussi amusant que symptomatique.

Cycliste dans l’âme, j’entends souvent dire que Paris à vélo, c’est au mieux dangereux, au pire de la folie suicidaire. Et pour l’avoir expérimenté, il est amusant que nous n’avons pas les mêmes idées en tête en pensant à ce danger supposé. 

Car les premiers visés, ce sont les automobilistes, et force est de constater qu’ils sont plutôt corrects dans l’ensemble. Avec 5000km de vélo en ville par an, ma vraie bête noire, ce sont les piétons, inconscients des dangers qu’ils courent pour eux même. Mais là n’est pas le sujets.

Les automobilistes, dangereux ? Comme le dit Pierre Chasseret (oui, je cite Pierre Chasseret, et je le cite pour m’appuyer sur ses dires !), ce ne sont pas tous les automobilistes qui sont dangereux, mais une poignée d’entre eux (de l’ordre d’un pour-cent ?). Puisque c’est un adage qui revient souvent chez lui, il a surement dit également qu’il n’y a qu’une minorité d’entre eux qui sont incivilisés. 

Or, si j’écris ce billet, c’est pour souligner quelque chose qui aurait pu passer inaperçu, pas quelque chose que vous savez déjà. 

Il se trouve que le recoupement «automobiliste dangereux - chauffards» n’est pas total. Je ne discuterais pas ici du cas des chauffards non dangereux, et ne vais discuter que des honnêtes automobilistes qui sont malgré tout des dangers ambulants. 

Quand on manque de se faire transformer en steak par un automobiliste, trois réactions sont possibles :
«Ouf j’ai eu chaud»
«Quel danger public, il est irrécupérable»
«Quel danger public, allons-le voir pour discuter un peu»

Bon, pour le troisième cas (voire même dans tout les cas), il vaut mieux avoir été irréprochable de son côté.

Roulant beaucoup, je me suis souvent confronté au deux premiers cas, mais suffisamment du 3ème pour en faire une synthèse. 

Outre des gens qui visiblement (re)découvraient un article (voire un chapitre) du code de la route, force est de constaté que ce n’est que rarement la mauvaise foi qui motivait ces actions dangereuses (même si elle transparait souvent dans le discours, mais difficile de faire autrement lorsque l’on est en tort et mis devant le fait accompli, c’est tout à fait humain). Souvent, il s’agit d’une simple erreur de conduite (une erreur de conduite tous les 500 gestes d’après l’automobile club association), et parfois, d’une mauvaise évaluation de la situation

Chercher les déterminants derrières les risques suscités par ces trois sources de mise en danger des usagers «fragiles» de la route dont je fais partie ouvrirait un grand débat allant de la formation des automobiliste a la question de la tolérance du risque routier vis à vis d’autres risques (construits culturellement mais pas moins encrées en nous : on appréhende par exemple plus l’opération à cœur ouvert que le trajet aller ou retour vers l’hôpital en bagnole, ce qui est ridicule dans le fond !).

Gardons à l’esprit simplement que si l’automobiliste contribue à ce que le système automobile soit nuisible, ou, pour la question qui nous intéresse ici, dangereux, ce n’est pas délibérément (la plupart du temps). L’automobile pour tous, c’est aussi l’automobile quelque soit les capacités physiques, psychologiques, physiologiques, c’est d’une telle banalité qu’on ne se pose plus la question de sa pertinence, de ses nuisances, de ses alternatives. Et quand bien même on ose le faire, on considère qu’il s’agit d’un idéal à atteindre. qui ne nous concerne pas, nous, pauvre petit citoyen, qui n’a rien d’extraordinaire, qui ne peut faire autrement du fait de sa situation (physique, géographique, sociale…je n’ai pas le courage de vous faire ici un florilège d’excuses que l’on m’a sorties !), on reste admiratif devant celles et ceux qui s’en passent, sans savoir que la plupart du temps c’est pour les mêmes raisons que nous (parce que c’est plus pratique pour eux), d’avoir faire le choix contraire (je ne parle même pas de ceux qui ont simplement admis après réflexion ou expérimentation que ce système est trop nuisible pour qu’ils y contribue ou qu’ils y perdent leur temps, leur argent et leur santé).


Ce qui fait que des gens, bien sous tous rapports, peuvent aussi être des automobilistes (comme ils peuvent être mangeurs de viandes, etc..). C’est ainsi qu’ils peuvent se retrouver à pourir le restant de vos jours, voire vous tuer, après avoir passé des dizaines d’années à avoir été des citoyens ordinaires, voire tout à fait respectables…

samedi 23 juillet 2016

«Un oppresseur, moi ? Mais non, voyons, c'est impossible...»


Et si l'on brisait cet état des lieu en prenant conscience de notre responsabilité au problème ?

Je considère que sur Internet, il y a deux types de personnes : les «irrécupérables», et ceux qui se laissent influencer par ce qu'ils y trouvent. Car les sites, forums, blogs et consorts illustrent bien l'hypothèse de la fenêtre brisée : mal ou peu modérés, c'est (parfois, pas toujours...) la porte ouverte aux commentaires et échanges peu respectueux, voire offensants. 

À nous de prendre conscience que ce n’est pas parce que l’on a été exposé à ce type de réactions qu’il nous faire de même ou s’en inspirer, bien au contraire ! 

Trolls ou pas trolls ?

À celles et ceux qui pensent à de la méchanceté gratuite, détrompez-vous ! Nos réactions sur le net sont bien plus complexes. Qu’il s’agisse d’attirer l’attention sur soi, en tentant un trait d’humour, de défendre une cause en tombant dans le premier trait sophiste qu’est l’Ad Hominem, ou tout simplement exprimer un point de vue naïvement, sans manier avec les précautions nécessaire des concepts sensibles, les occasions sont nombreuses pour causer du tort à certains lecteurs (sinon tous…).

Pour en savoir plus sur les trolls, je n’ai pas trouvé mieux que cet épisode de SciShow (en version courte) ou leur vidéo source (en version longue). 

Pour ce qui est de celles et ceux qui tombent dans le cas du 1er paragraphe de thème, on va prendre ma situation comme exemple

Opprimé, moi ?

Si je regarde mon histoire dans la globalité, je dirais que je n’ai jamais vraiment vécu de réelles formes d’oppressions. Et pourtant, c’était mal barré…

Je suis noir, asexuel, un homme noir asexuel (sacré combo !), cycliste militant et conducteur de trains à la SNCF (là aussi sacré combo, on y reviendra plus tard).

En tant que noir, ma candeur de mes premières années m’a empêché de voir ou de comprendre que j’ai potentiellement été victime d’actes de racisme. À entendre les gens autour de moi, je suis l’exception qui confirme la règle, celui qui n’a jamais vécu de galères parce qu’il était noir. Mais je suis sûr qu’en cherchant un peu, je pourrais trouver d’autres interprétations, peut-être plus rationnelles de certaines de mes mésaventures…

En tant qu’asexuel, c’est presque pareil ? Si j’ai le chic pour me faire draguer sans m’en rendre compte, j’ai aussi envie d’interpréter certaines réactions face à mon sexualité comme une incompréhension de l’asexualité plutôt qu’une réelle négation de ma situation. Avec le recul, je découvre que certaines conversations que j’ai eu étaient en fait très violente, mais que j’ai développé une carapace face à ce genre d’attaques. Mais cette «carapace», qui ne se limite pas à ce sujet, mériterait un billet à lui tout seul !

En tant que cycliste militant, pas de doute, c’est de l’incompréhension. Je suis vu par certains, qui ne me connaissent visiblement pas (contexte de rencontres aidant pour certains), comme un écolo radical. Théoriquement, il n’est pas impossible que je puisse provoquer une crise cardiaque chez ses personnes en leur apprenant que je suis globalement pro-nucléaire, que j’aime le sport automobile, voire même l’automobile en tant qu’objet, que prendre l’avion fut l’une de mes plus belles expériences, etc. Encore heureux pour eux que je ne sois pas (encore ?) végétalien !

En tant que cheminot, maintenant…Voilà, vous connaissez tous la situation. Inutile pour moi de développer. Quand je ne fais pas grève, je suis payé une fortune en bossant une heure par jour (la preuve, c’est que je suis tout le temps chez moi ou sur les réseaux sociaux, à n’importe quel heure du jour et de la nuit…), en bénéficiant d’avantages sociaux indécents, dont celui de l’emploi à vie (bah oui, je suis fonctionnaire, quoi !). En repensant à ce vieux monsieur qui disait «bah oui, c’est pas compliqué comme métier !», l’ingénieur de formation que je suis se dit qu’il n’a peut-être plus d’espoir. Sur le fait que je sois tout le temps en retard, est-ce qu'on en est toujours au stade où il faut vous dédouaner de votre psychologie (voire vous prendre par la main), défaillante sur ce point précis ?

Harcèlement inconscients et blessures invisibles

Quand on me demande si je n’ai jamais été abusé sexuellement dans mon enfance lorsque j’explique que je suis asexuel, j’ai l’énorme chance de pouvoir répondre avec le plus grand détachement «non.». Pourtant, en posant cette question anodine pour moi, l’interlocuteur prend un gros risque, celui de raviver d’ancien souvenirs, souvent très douloureux, et avec la répétition, l’associer avec tout idée de coming out. 

Exemple : Éric, qui est asexuel, a rencontré Rebecca, qui lui plait vraiment. «il faudra bien que je lui dise que je suis asexuel». 
Imaginez que cette simple pensée soit associé à d’horribles antécédents familiaux.

Pour revenir sur mon cas, bien réel, il m’est arrivé la même chose. Par rapport à mon métier de conducteur de train. Je me fiche totalement que vous pensez que je sois fonctionnaire, que «je ne fous rien de mes journées» ou même que je sois prompt à faire grève. C’est tellement loin de la réalité que c’est est plutôt risible, et révèle ce côté «magie» de notre monde moderne (l’exemple de l’énergie (deuxième paragraphe), un exemple parmi des milliers, n’est pas encourageant dans l’idée de reprendre en main la situation plutôt que de se plaindre de l’incompétence d’un tel ou de tel autre - là aussi, c’est un autre sujet en attente !). Le plus grave est en fait, invisible.

Autant mon asexualité ne regarde que moi, autant le sujet qui va suivre implique davantage d’autres personnes, plus ou moins proches, aussi je n'expliciterais pas son origine. Toujours est-il que la déportation est pour moins l'événement le plus traumatisant de notre histoire. Pire que le «terrorisme actuel» ou encore les guerres de religions (et pourtant, la religion et moi….).

Je connais très bien la réalité de la déportation, et c’est même pour cela qu’il ne faut pas compter sur moi pour en parler (personnellement, après, je peux toujours citer des tiers célèbres qui s’expriment sur le sujet).

La SNCF a une part de responsabilité dans la déportation, c’est vrai. Là n’est pas lieu de faire des procès d’intention de dire si oui ou non, cela aurait pu se passer autrement…Pourtant, elle a été à l’origine de progrès techniques, technologiques, de révolutions sociales (si, si, si !!), et même si elle n’est plus tout à fait la référence mondiale dans le ferroviaire, elle reste dans le haut de panier en terme de savoir faire, d’influence au sein de son territoire, et cetera. Tout le monde sait que je suis passionné par le trains, mais peu de gens ont compris que si j’avais été britannique, espagnol, voire même belge, cela n’aurait peut-être pas été le cas….Si j’ai fait une école d’ingénieur, c’est pour découvrir, voire prolonger, les révolutions technologiques qu’entreprend la SNCF. Si j’ai choisi d’être conducteur par la filière manager traction, c’est aussi pour les qualités intrinsèques reconnues au personnes ayant fait ce parcours, LinkedIn et d’autres parlent pour moi. De telles motivations, je pourrais les multiplier à l’infini, mais là n’est pas le sujet.

Vous l’avez compris. D’un côté, une entreprise qui est toute ma vie (j’exagère à peine*), et de l’autre, ce terrible passé. Et de plus en plus de gens pour me rappeler le lien entre les deux. Je ne suis pas de ces gens, qui comme pour le passé colonial de l’Europe, l’esclavage et le commerce triangulaire, en veulent aux descendants de ces personnes, directs et indirect. Qu’ils demandent des excuses, je trouve que c’est presque trop, en demander d’avantage, on tombe dans l’indécence. Cela ne m’empêche pas pour autant d’éprouver quelque chose de particulier lorsque l’on parle de la seconde guerre mondiale, lorsque l’on me montre des locomotives à vapeur, lorsque l’on fait des blagues sur les juifs (qui dit blagues sur les juifs dit «parmi ces blagues y en a sur les camps de concentration»).


 
Ce wagon est un mémnorial pour nous rappeler ce douloureux épisode de la déportation. À l'évocation du mot wagon, une personne normalement constituée pense à un wagon citerne, un porte auto, ou les fameux wagons tomberau. Peut-être, s'il est moderne, aux wagons combinés route-rails avec leur cargaisons. Une personne liée de près ou de loin au traumatisme de la déportation pensera à ce wagon couvert pour transport de bestiaux (qui n'est plus «autorisé» à transporté des hommes depuis, contrairement à ce que les inscriptions pourraient laisser croire), un wagon d'un autre âge, qui n'a même pas de bogies !)

Et c’est bien dommage, parce que j’adore ces blagues ! Je suis un fan inconditionnel d’humoir noir (la tentation de l’autodérision est énorme, mais je dois ménager mon lectorat...bon d'accord, mais un gentillet alors). Mais de plus en plus, on tend à me faire associer ces deux pans d’une même réalité, alors que jusque là l’humour m’a toujours permis de dédramatiser. Même la tendance complotiste actuelle, qui tend vers l’antisémitisme, ou l’islamophobie (ah tient ! Le même lien que plus haut !), m’est insupportable pour des raisons analogues. Il est nauséabond de voir que ne rien comprendre au monde moderne («Il suffit d’appuyer sur un bouton pour avoir de la lumière, il me suffit d’un clic pour m’offir ces baskets, il me suffit de détester profondément Hollande pour qu’il soit remplacé par quelqu’un qui lui, sera compétent au moins…»), mène à des schémas de pensée tout aussi radicaux et socialement mieux acceptés car mieux répondu (mais peut-être pas moins nocif !).

Bon, les blagues sur les juifs, on ne vient pas sur ce sujet par hasard, non ? Je vous l’accorde, et dans ce cas, ça se passe généralement bien. C’est quand cela arrive accidentellement que c’est plus gênant. Lorsque la situation, souvent un malentendu, porte sur le fait que je suis noir, aucun problème, le plus gênant est de faire comprendre que cela ne me gène pas, et le malaise vient du fait que je vois que la ou les personnes sont mal à l’aise. Quand ça porte sur mon asexualité…«Bingo ! Vous venez de me mettre mal à l’aise en me faisant comprendre à quel point vous n’avez rien compris». Dans ces cas, je ne vous en veux pas non plus, si vous savez à quel point je n’ai rien compris à l’allosexualité (prise de conscience tardive qui plus est !). Quand ça porte sur le fait que je serais fonctionnaire, que la grève a pris tout un sens particulier pour moi maintenant que je suis cheminot : ne vous inquiétez pas, je vais mettre à profit mon nouveau temps libre pour terminer mon projet de conférence sur la situation énergétique actuelle et ses implications dans la société (extrapolation de la menace du diesel, pour celles et ceux qui veulent s’imaginer à quoi ça peut ressembler…).

Quant à ceux, qui parlent de wagons de marchandises là où il faudrait parler de voitures voyageurs, vous êtes la pire ignominie qu’il soit. Faire une erreur, ça peut arriver. Ne pas reconnaitre que l’on s’est trompé, c’est pôooo biennnnn ! Mais faire comme si cela était des plus banales, vous me foutez la gerbe. J’ai vu des gens pleurer, d’autres m’être d’une reconnaissance éternelle pour être intervenu, …non, je ne vais pas m’émpencher sur tout ce que ça m’évoque. Disons que j’aurais préféré avoir été au centre d’un réseau pédophile il y a 25 ans et que vous me demandiez si je suis asexuel parce que j’ai été abusé dans mon enfance, ça me ferais moins mal. Il ne s’agit pas de grammar-nazi (vous êtes à deux pas du point Godwin en m’envoyant cette insulte dans la tronche !).

Le seul truc du genre qui me fait «dresser les cheveux sur la tête», c’est parler d’électrocution pour une électrisation (Electrical Engineer Inside).


 Après ça, vous pouvez aller en vélo au docteur, lui faire montrer qu'au jour d'aujourd'hui, vous vous êtes blessé en montant en haut, et que c'était pas de votre faute, et que c'est compréhensif de s'inquiéter pour si peu, que vous auriez pu faire un infarctus, etc....Déjà, je ne suis moi-même pas exemplaire (décidément...). Ensuite, je peux faire la remarque si je sens que pour vous, c'est important de bien s'exprimer, mais à plus de deux, ne comptez pas sur moi, quelque soit votre volonté de bien faire ! En fait, c'est pas dans le langage que je vais chercher la petite bête, mais plutôt dans les math formelles. Vu le bestiaire d'énormités qui s'y trouve, c'est limite un lot de consolation de ne plus en faire de manière quotidienne car là y a matière à m’énerver ...


etc.

Pour finir, revenons sur l’oppression de manière généralisé (car ici je n’ai exposé qu’un cas particulier). Être correct lorsque l’on prend la parole sur le net, même si sur le net, vous êtes, efforcez-vous (comme dans «la vraie vie») à un minimum de correction. On va m’accuser d’usage de pente glissante, mais…N’oubliez pas que certains comportements, plus on moins innocents, ont poussé au suicide des internautes. L’idéal bien sur est d’en avoir conscience (sinon voici de quoi vous aider), et quand c’est le cas, posez-vous la question : est-ce que ça vaut le coup de faire cette blague ou cette allusion ? Si c’est dans mon personnage (côté provocateur de votre identité virtuelle ou réelle par exemple), est-ce que je ne pas gagner davantage l’attention de mon auditoire ou de mon lectorat autrement ?

Voilà, les cartes sont entre vos mains, à vous de faire d’Internet et de votre entourage un monde meilleur (sauf si vous n'aimez pas les chats...)

lundi 7 mars 2016

Suivez-moi, par ici !

L'idée de ce billet m'est venu d'un constat simple : si j'ai peu de publications sur ce blog, ce n'est pas faute de contenu et d'idées à partager. Même si je souhaite privilégier le format long, sur des sujets particuliers, et peu de publications à l'année, je ne voudrais pas que d'éventuelles lecteurs «réguliers» passent à côté de contenus qui ne rentrent pas dans ce cadre.

Aussi, ce que je peux partager ici, je le partage sur Facebook et sur Twitter ! Ce que je vous propose donc, c'est de m'y suivre entre deux billets sur ce blog ou des deux autres de mes blogs !

Facebook
Twitter
Google+ (j'y suis aussi mais presque moins actif qu'ici...)

Un petit mot sur ma ligne éditoriale...

Facebook : 
Tout d'abord, je vous demanderais simplement de vous abonner (pas une demande d'amis...sauf si vous tenez à me rencontrer personnellement !). En public, ma timeline ressemble à un flux RSS aux thématiques assez variées (globalement autour des questions touchant de près ou de loin à l'énergie, la mobilité, et d'autres rattachables à l'humanisme séculier).

Twitter : 
Twitter reprend actuellement tous mes posts Facebook publics, avec un extra plus informel, propre à l'esprit Twitter si l'on peut dire.

Google+ :
Si pour vous 3-5 publication par jours (voire plus !...) est trop pour vous, que vous vous sentez plus à l'aise avec le rythme de publication de ce blog, Google+ est une bonne option. Ici je ne publie que lorsqu'un sujet me paraît vraiment important, au point que ça vaille le coup de «le partager un maximum». Mais entre deux infos d'importance capitale, vous risquez un peu de vous ennuyer...


À très bientôt sur les réseaux sociaux !

mardi 5 janvier 2016

Introduction à un tout nouveau domaine - Jenny McCarthy Song

Cela commence par un appel à l'aide !

Je suis tombé sur le charme de cette petite balade de Brian ThompsonSeulement les paroles ont autant d'importance que la musique (sinon plus !), et je souhaitais les partager à un ami qui n'est pas très à l'aise avec l'anglais oral. N'ayant pas réussi à les trouver sur le net, j'ai alors réalisé quelles étaient mes propres limites ! Pouvez-vous m'aider à compléter les paroles ?

Hello, my name is Mysos
I’ve what you’ve got
I live in your system
[doute]

I used to be in danger
But now I have a friend
Her name is Jenny McCarthy
She brought me back from the dead

[??] Jenny hate vaccines
Like Superman hate [??]
She has a medical expertise
Because she’s a mom

I know what you’re sayin’
So is Susan Smith
She drove a car in a lake
When It was full of her kids

But I thank you to shut your mouth
Unless she’s planning a [??]
Because Jenny vaccine campaign
Is the only shot that I got

People thought I was eradicated
Just because they were educated
But Jenny rather I’d stay alive
Even if it means…your kids died

Hello, my name is mums
It’s just what I’m called
 You won’t make fun of my name
When I’m swelling your balls

Jenny says that my vaccines
Will mess your baby up
Even though there is no evidence
But the stuff she made

Yes I’m just [??]
What do you gonna do ?
All it take is a few untreated
And now I’m all of inside of you

People thought I was eradicated
Just because they were educated
But Jenny rather I’d stay alive
Even if it means…you’re infertile

Hello, my name is Rubella
I think you’ve met my friends
You don’t have to remember all our name
You heard them them again

Because a woman who picked her nose
On MTV
Is more interested that doctors
At the CDC

People thought I was eradicated
Just because they were educated
But Jenny rather I’d stay alive
Even if it means…your kids died [transcription difficile du final, mais je vous laisse apprécier =)]




Ceci fait, je vous expliquerais pourquoi je partage cela et comment j'en suis venu à tout un domaine que je souhaite aborder ici, domaine qui signera la renaissance de ce blog...

mercredi 2 septembre 2015

Le poids de l’hétéronormativité (introduction).

Un long parcours

Depuis très jeune, j’ai senti que j’avais quelque chose de différent par rapport à mes camarades de classes, mais il me faudra attendre la fin de mes études pour mettre un mot dessus. Ce que j’avais de différent, c’était si inhabituel que j’en étais arrivé à croire que j’étais seul à être ainsi, que c’était un caprice de ma part…

Straight ? Pas tout à fait

Car pourtant, j’avais bien des points communs avec mes amis : je pouvais trouver les filles jolies et même en tomber amoureux ! Mais ça s’arrêtait à peu près là. Plus on grandissait, plus il y avait de différences dans ma manière d’apprécier les jolies filles. 

Quelque part, cela confirmait l’idée que je devais être «normal»…non, je vais dire plutôt ««normal»». Une «normalité» pas du tout éclairée : jusque très tard, j’ai ignoré presque tout de l’homosexualité. Et si j’étais sûr de ne pas être homosexuel, c’est que je pensais que cela concernait très, très peu de monde, sans d’ailleurs même comprendre tout ce que cela pouvait impliquer (des questions de perceptions de l’entourage, à l’acceptation sociale, ou plutôt ses différentes formes de non-acceptation).

Et non, cette différence par rapport aux autres, ça n’avait rien à voir non avec un côté «asocial» : j’ai longtemps traîné une image d’élève modèle, à qui l’on prête volontiers le fait de s’intéresser plus à ses cours et son travail qu’à ses camarades de classes. Mais j’ai fini par avoir un, puis plusieurs vrais ami(e)s. Quant à celles sur qui mon cœur avait jeté son dévolu, je n’ai jamais cherché autre chose que de l’amitié. Mais pourquoi donc ?

Asexuel ? Oui mais pas que…

Ce n’est qu’en mars 2011, six mois avant la fin de mes études, que j’aurais un vrai [début de] réponse. J’ai découvert, totalement par hasard, l’asexualité (vraiment par hasard, au départ, je faisais une recherche sur Top Gear pour les besoins de mon livre !). Et je compris que j’étais moi-même asexuel. Tout s’expliquait s’expliquait enfin…

Très concrètement, je n’éprouve aucun besoin d’avoir des relations sexuelles, ce n’est pas quelque chose qui me «manque». Je ne peux pas non plus éprouver de désir sexuel envers quiconque, quelque soit le degré d’attirance que je pourrais éprouver pour une personne (puisque cette attirance est tout sauf sexuelle). Et oui, désirs et besoins sont bien distincts, je l’ai personnellement mis en évidence lors d’un interrogatoire de coming out l’an dernier*

Donc je venais de comprendre pourquoi j’avais cette impression de décalage avec mes camarades de classe (ah ce modèle du camarade de classe hétéro, comme il est simplificateur mais comme il est commode pour éviter de me perdre en explications…). Je comprenais aussi pourquoi malgré tout je pouvais (entre autres) tomber amoureux : je suis également hétéroromantique ! Je préciserais ici : hétéroromantique dans le sens que je peux éprouver le désir d’une relation de couple avec une personne du sexe opposé (précision de puriste car il y a plusieurs façons de définir l’attirance romantique, et c’est celle qui me correspond le mieux).

La tentative des cases

Je suis donc asexuel, hétéroromantique…vraiment ? Certes, je peux tomber amoureux, mais je n’ai jamais été en couple, et je ne l’ai jamais vraiment vécu comme une frustration…grey-romantic peut-être ? Je suis hétérosensuel (enfin, je pense…jamais testé en conditions réelles), Je suis «sex-repulse», car «passer à la casserole» m’est totalement inenvisageable. Quant à la notion de fantasme (même non sexuel !), elle me fait «fantasmer» (je ne sais pas ce que c’est !)…

Les contre-exemple de la vie

Ah c’est beau et bien confortable, les cases. Seulement, ça ne marche pas toujours dans la vrai vie =) 
Maintenant que je peux mettre des mots sur ce que je suis, ce que je ressens réellement, je suis plus à l’aise dans mes relations avec les autres. Je peux m’assumer tel que je suis, et faire le choix de dire «je ne sais pas» aux gens à qui je ne veux pas donner de détails (avant c’est parce que je ne savais réellement pas !), comprendre mes attentes, et au passage, à nouveau envisager la possibilité d’être en couple (ce qui, vous l’aurez compris, est vachement compliqué pour un asexuel romantique sex-repulse qui s’ignore…)

Seulement, le monde ne se divise pas en ma famille/mes amis/mes amis/mes potentielles futures petites amies. C’est un chouia plus compliqué que cela. C’est pour cela que j’ai tenu à rédiger ce billet d’introduction (déjà trop long !) à un sujet bien plus intéressant car bien plus sérieux…Rendez-vous ici même la semaine prochaine.


*Ces interrogatoires sont quasi-inévitables pour les coming out de la frange la moins connue de la communauté LGBTQIA : dès qu’on sort des quatre premières lettres, le manque de visibilité est tel que l’on fait souvent découvrir à ses interlocuteur la minorité de sexe et de genre dont on fait partie…